Pourquoi les plaintes contre les IA pour violation du droit d'auteur vont échouer lamentablement

Plainte Midjourney IA

Début 2023, de nombreux journaux et médias en ligne font monter en sauce la moindre info concernant les intelligences artificielles, un thème en vogue qui a tendance à stimuler l'infatigable bêtise humaine.

Avec frénésie, des dizaines de médias font les gros yeux et les gros titres avec une info pourtant ridicule, selon laquelle une poignée d'artistes entreprennent de porter plainte, aux Etats-Unis, contre les logiciels d'IA comme Dall-E, Stable Diffusion et Midjourney, les accusant de plagiat ou de violation de leur propriété intellectuelle.

Bien entendu, les artistes plaignants, et leurs avocats, ne font pas ça pour l'honneur ou la beauté du geste : ils veulent de l'argent, ou au moins ne pas en perdre. Ils ont l'impression qu'on les vole et veulent faire interdire l'art des IA qui leur fait déjà concurrence...

Comme on va le voir, ce procès d'arrière-garde, aussi réactionnaire que futile, n'a tout simplement pas lieu d'être et n'intéresse que les personnes tristes qui n'ont pas trouvé de rôle de clown dans le cirque de leur village.

Des plaintes d'ignorants, basées sur une incompréhension du fonctionnement des IA

Si des artistes jaloux ont cru bon de lancer des poursuites en violation de leur copyright, si des avocats avides d'argent facile ont jugé potentiellement juteux d'accompagner ces plaignants, et si des autorités judiciaires rétrogrades et techniquement larguées ont cru bon d'examiner leurs plaintes, c'est en raison d'une incompréhension profonde, de la part des artistes, des avocats, comme des magistrats, du fonctionnement de l'IA.

Les bases du droit d'auteur

Rappelons les bases du droit d'auteur internationalement reconnu : le fait de créer n'importe quoi  d'original - une phrase, un dessin, une mélodie - ouvre un droit d'auteur qui serait universel et imprescriptible ; le droit à la protection du statut d'auteur ferait même partie des droits humains fondamentaux. A partir de là, ce qui est interdit, c'est de copier une œuvre originale protégée par le droit d'auteur d'autrui, et ce qu'on entend par copier, c'est le fait de la reproduire quasiment à l'identique, en s'en attribuant la paternité.

Par contre, le fait de s'inspirer d'un artiste, d'un courant artistique, d'un genre, n'a jamais été interdit parce que ces choses, le style d'un artiste, d'un courant artistique, d'un genre, sont des objets trop vagues pour faire l'objet d'aucune protection juridique.

En clair : on peut interdire le plagiat d'une œuvre concrète, mais on ne peut pas  interdire à quiconque de faire de l'art abstrait, des peintures cubistes, des monochromes, des photos de mode à la Vogue, des images d'animaux habillés de vêtements et accessoires humains, etc.

Accuser les IA de faire du plagiat, c'est croire à tort qu'elles copient une œuvre concrète quand elles génèrent une image, et c'est ignorer ce qu'elles font en réalité.

Comment fonctionnent les IA de génération d'images ?

Rappelons brièvement comment on a abouti à des programmes capables de créer des images à partir d'un texte.

D'abord, on a créé des programmes capables de catégoriser des images, c'est à dire de les classer en fonction de ce qu'elles montrent.

Par exemple, on a donné à un programme des images de chats, de passages piétons et de nuages, en leur fournissant à chaque fois une paire de deux informations : l'image, et sa description textuelle. Donc une image de chat, et sa description contenant le mot chat. L'IA a été "entraînée" sur ces informations et a généré des modèles.

Ensuite, on lui a donné des images en lui demandant de reconstituer la description. On lui donne des images de chats, de passages piétons et de nuages, et l'algorithme doit reconstituer la description textuelle, ce qui revient à classer chaque image dans une catégorie donnée.

On a donc abouti à des algorithmes de classement d'images performants.

Ensuite, on a élaboré des algorithmes de débruitage.  On a pris des images, on les a mélangées avec du "bruit" visuel - des images faites de points dont la couleur a été choisie au hasard.

On a donné ces images bruitées à un programme, en lui donnant pour mission de les débruiter pour reconstituer une image normale.

Les IA ont appris à faire cette tâche, et on a augmenté progressivement la difficulté : on leur a appris à débruiter à partir de 5% de bruit, puis 10%, puis 50%, puis 90%.

A la fin, on leur a donné du pur bruit en leur disant : c'est une image de chat, de passage piéton, de nuage, vas-y, débruite-la.

Le mélange d'algorithmes de catégorisation et de débruitage a abouti à des logiciels qui savent créer une image à partir d'un brouillard de pixels aléatoires.

Cela signifie que pour produire un chat noir, les IA créatrices d'images ne copient aucune image de chat noir, elles emploient les modèles qu'elles ont fabriqué en analysant des masses d'images décrites avec les mots "chat noir".

Une preuve toute simple pour démontrer que les IA ne reproduisent aucune partie d'une image particulière : il suffit de leur demander le portrait d'une célébrité. Pour l'instant les IA sont plutôt nulles à ce petit jeu. Par exemple, voici Charles de Gaulle selon Midjourney :

Charles de Gaulle Midjourney
Charles de Gaulle Midjourney

Non seulement on ne reconnait aucune photo historique, mais on ne reconnait même pas De Gaulle, et ses casquettes font penser à celles d'un amiral, pas à la coiffe d'un général. Il s'agit bel et bien d'une recréation à 100%.

Les accusations de violation de propriété intellectuelle sont sans fondement

Les accusations de plagiat, ou plutôt de contrefaçon d'une œuvre originale, tombent complètement à côté de la plaque vu qu'aucune image originale n'a été utilisée directement pour générer une image artificielle.

Ces programmes d'intelligence artificielle, ou plutôt leurs auteurs puisqu'évidemment aucun programme ne saurait être sujet de droit, possèdent donc le copyright de leurs propres modèles ; et donc les œuvres créées grâce à une collaboration entre ces modèles et les utilisateurs des IA ont un droit d'auteur qui ne relève en rien de celui des auteurs des images qui ont servi à entraîner l'IA.

De la même manière qu'un écrivain, en écrivant après avoir lu une bibliothèque, n'enfreint le copyright d'aucun auteur dès lors qu'il produit une œuvre qui n'en copie majoritairement aucune autre en particulier.

Etant donné qu'il n'a jamais été question de faire payer aux artistes toute la culture passée et présente sur laquelle ils construisent leur œuvre, on se demande bien de quel gouffre d'ignorance sort l'idée crasse selon laquelle les IA devraient, elles, payer un prix à la culture gratuitement et publiquement accessible sur laquelle elles ont construit des modèles à partir desquelles elles génèrent des images qui n'existaient pas auparavant.

Si vous n'avez toujours pas compris cette explication, imaginons cet exemple. Je demande à un graphiste humain de me produire une image de chat psychédélique buvant un cocktail sur la lune, il est probable que ce graphiste ouvre son Photoshop et se mette à composer un habile photomontage : une tête de chat par ci, un cocktail par là, un peu de dessin et de retouche, et voilà. Une telle œuvre reste légale même si elle utilise des bouts d'images protégées par le droit d'auteur, car l'image finale ne cherche en rien à reproduire une des images originales dont elle s'est servie.

Pour produire ce chat psychédélique, l'IA ne procèdera pas du tout de la même manière. Le logiciel sélectionnera ses modèles de chats, de paramètres psychédéliques, de cocktails, et associera le tout de sorte qu'aucun élément de l'image produite ne sera issu d'images existantes.

Qui est l'auteur des images produites par IA ?

Revenons rapidement au problème évoqué plus haut : qui est l'auteur des images créées par Midjourney, Dall-E ou Stable Diffusion, ou encore Imagen ?

Evidemment, l'auteur d'une œuvre protégée par le droit d'auteur ne saurait être autre chose qu'une personne humaine, selon le droit international en vigueur.

Il est donc exclu de reconnaître les logiciels eux-mêmes comme étant auteurs des images qu'ils produisent - ce qui peut quand même sembler lourdement choquant vu que factuellement, c'est pourtant largement ce qui se passe : les algorithmes font l'essentiel du processus créatif.

Il ne reste que deux candidats au rôle d'auteur :

  1. Les auteurs des logiciels d'IA. Or s'il est vrai qu'ils ont bel et bien créé les IA, il est largement faux de prétendre qu'ils ont créé chaque image produite par ces IA.
  2. Les auteurs des prompts. En effet, aucune IA ne fonctionne de manière autonome, pour l'instant. Donc quand Midjourney produit une image, c'est parce qu'une personne humaine a formulé une demande, que Midjourney interprète, hallucine dans du bruit. Sans cette volonté, sans cet embryon d'imaginaire à l'origine de l'image, l'IA toute seule n'aurait créé aucune image. Il serait donc logique de considérer que les auteurs des prompts textuels ou visuels sont co-auteurs des images.

Il est possible que le droit, les droits nationaux et le droit international, doivent s'adapter rapidement dans les mois et les années qui viennent, car les IA émergent dans tous les domaines : art, design, architecture, musique, mode, écriture, etc etc. Il faudra probablement créer un statut, ou plusieurs, pour les créations des programmes.

Une chose est sûre en tout cas : les données d'entraînement n'étant jamais reproduites telles quelles, leurs auteurs n'ont absolument aucun droit sur les œuvres produites à partir des modèles des IA.

Des œuvres volées... en public sur Internet ??

LAION, base de données d'images publiquement accessibles

La thèse saugrenue défendue par certains, serait que les logiciels d'IA comme Midjourney, Dall-E et Stable diffusion auraient en quelque sorte utilisé sans autorisation un stock de milliards d'images copyrightées, les livrant en tant que données à ces logiciels pour qu'ils s'entraînent dessus.

Or il faut savoir que les données utilisées pour entraîner les IA sont un trésor superbement bien caché sous les yeux de l'humanité entière : en effet, elles viennent à 100% d'Internet. Et même pas du dark web, cette vaste cave virtuelle où votre grand-mère a peur de se faire dévorer par des tyrannosaures pédophiles après avoir vu un reportage sur TF6. Mais bel et bien de l'Internet publiquement accessible et connu de tous.

Parmi les bases de données d'images les plus utilisées pour entraîner les logiciels d'IA, on compte les bases LAION, et notamment LAION 5B qui a servi à entraîner Midjourney et Stable Diffusion.

Il est possible de faire des recherches dans ces bases, par exemple via ce moteur de recherche. On tape un mot, ça nous donne les images recensées dans cette base de données et dont la description texte contient le mot recherché.

A noter : ces bases de données ne contiennent même pas les images elles-mêmes, elles ne font que recenser les urls des fichiers images. Il suffit de chercher n'importe quel thème, de faire un clic droit sur n'importe quelle image, de cliquer sur "copier l'adresse de l'image", puis de coller cette adresse dans la barre de recherche du navigateur et de valider en tapant sur Entrée : cette manip vous renverra vers le fichier original, hébergé sur son site d'origine. Cela montre qu'il n'y a aucune violation du copyright : LAION ne fait que recenser des contenus qui sont déjà accessibles publiquement et gratuitement sans autorisation.

Ainsi, la plainte ridicule des artistes aigris contre les IA consiste à dire "je montre mes œuvres sur Internet, mais je refuse que d'autres artistes s'en inspirent"... ou que des logiciels y accèdent.

Soyons clairs : si vous ne voulez pas que vos œuvres aient de l'influence sur quiconque, ne les montrez pas sur Internet.

Evidemment, le fait de montrer une œuvre gratuitement et publiquement sur Internet n'enlève rien au copyright des auteurs, et n'autorise pas l'exploitation de cette image ; mais comme montré plus haut, aucune exploitation des images elles-mêmes n'est faite.

Google viole massivement le copyright - pas Midjourney

Pour prendre un peu de recul sur le délire pseudo-juridique des plaintes anti-IA et des nombreux médias plus ou moins sérieux qui les relayent parfois avec une jubilation réactionnaire, il faut rappeler qu'on a sous les yeux depuis des années une violation massive de copyright, qui ne choque personne et qu'aucune justice n'a sanctionnée.

Connaissez-vous Google, petit site sympa qui affiche des informations sous forme de listes quand ses utilisateurs lui fournissent des mots ?

100% des résultats de recherche de Google sont en fait des reproductions de textes copyrightés sans autorisation des auteurs. Le phénomène est mondial et dure depuis 25 ans, et pourtant les médias n'en font pas leurs choux gras.

En effet, quand Google affiche une liste de titres de pages, et leur résumé, Google n'est pas l'auteur de ces phrases qui sont quasiment toujours protégées par le droit d'auteur.

Cherchez "chat noir" ou "polyarthrite rhumatoïde" sur Google : l'ensemble des titres d'articles, des résumés, des urls, des réponses aux questions "People Also Ask" etc, sont en réalité des contenus copyrightés dont Google ne possède pas les droits.

Or, Google fait de ces résultats une exploitation économique à l'échelle industrielle, puisque ces milliards de titres de pages sont pour lui l'occasion d'afficher des pubs et de gagner ainsi énormément d'argent.

Google fait ainsi quelque chose que ni Dall-E, ni Stable Diffusion, ni Midjourney, ni aucune autre IA génératrice d'image ne fait : il réutilise massivement, tels quels et sans aucune autorisation, des milliards de contenus copyrightés. Il fait cela tous les jours sous nos yeux sans que le public ni les médias ne s'indignent et ne crient à l'apocalypse imminente.

Pour construire son gigantesque index, Google a fait exactement comme Midjourney, Stable Diffusion et Dall-E : il a surfé gratuitement sur le web sans rien payer aux auteurs. Tout comme nous tous. Si vous découvrez ces faits à la seconde, alors bienvenue sur Internet et bon retour à la civilisation.

On pourrait également prendre l'exemple des logiciels de SEO, comme Ahrefs, Semrush, Ubersuggest, etc : eux aussi ont pris Internet comme matière première, eux aussi ont sillonné le web sans rien payer, et eux aussi vendent des infos qu'ils ont extraites de milliards de pages, mais qui ne s'y trouvaient pas telles quelles, similaires donc aux modèles des IA visuelles.

L'art est artificiel par définition

Pour mettre fin définitivement à la controverse stérile, il faut rappeler que l'art se définit comme la création artificielle de beauté au moyens d'outils.

Cette beauté, on la trouve d'abord à l'état pur dans la nature, tout autour de nous : les plantes et les animaux, les humains, les éléments, les nuages et les fleuves, les coquillages et les cristaux, les fleurs et les arbres, tout ce qui nous entoure peut nous sembler beau ; or, tout cela existe sans auteur, sans artiste. Ce n'est qu'abusivement que les spiritualistes décrètent, sans preuve aucune, qu'un Dieu artiste a créé le monde. Ce qu'on observe tout simplement c'est qu'il y a de la beauté partout alors que tout l'univers est aléatoire.

Dans ce contexte, la création artistique se définit par une volonté de reproduire et d'augmenter la beauté du monde, par des moyens artificiels : du pigment sur des parois rocheuses, une forme gravée dans la pierre, des traits sur le sol puis sur une peau puis sur du papier puis sur une toile, etc.

Art, artisan, artiste, artificiel, viennent tous du même mot latin "ars" : habileté, art, savoir-faire.

Eh bien tout simplement aujourd'hui cette habileté, ce savoir-faire, ont été transférés à des algorithmes, qui ne sont pas autre chose que des outils.

Donc l'argument terre-à-terre et bêtement anthropocentrique selon lequel l'art des IA ne serait pas "du vrai art" parce que ce "vrai art" serait uniquement fait de main d'homme, s'effondre deux fois : en limitant le champ de l'esthétique à la sphère humaine, en la coupant de sa grande source d'inspiration qui est la beauté du monde ; et en refusant de voir que l'IA est faite de main d'homme comme un pinceau.

A l'évidence, si l'art fait avec des machines n'était pas de l'art, alors les sonates du méchant Chopin, qui utilisait une machine diabolique nommée piano, tout comme les synthétiseurs infernaux de la pop puis les logiciels de la musique électronique ne sont pas de l'art non plus ; tout comme la photographie, basée sur une maudite machine sans talent particulier ; tout comme ce qu'on appellerait dès lors par erreur l'art digital, et la 3D, et la post-production audiovisuelle, et... bref, sur cette lancée absurde, si on doit jeter à la poubelle tout ce qui a été produit avec des machines et des logiciels, c'est l'essentiel de la culture contemporaine mondiale qu'on condamne à mort... en prétendant défendre "le vrai art" et "les vrais artistes".

Conclusion : l'art des IA, une révolution esthétique et sociale

Comme on l'a vu, les plaintes des artistes contre l'IA reposent sur un argument pseudo-juridique absurde qui s'effondre très vite à l'examen : aucune exploitation directe n'a été faite des œuvres originales des artistes plaignants, dont aucune copie n'a été produite, ce qui invalide toute poursuite pour infraction au copyright.

En réalité, la valeur économique, potentiellement colossale, des logiciels de création visuelle, tient essentiellement à l'ingénierie de l'intelligence artificielle. Les IA visuelles créent quelque chose qui n'a jamais existé auparavant et ouvrent la voie à une culture visuelle inédite.

Les IA créent des images d'une qualité impressionnante, à une vitesse démentielle, de manière potentiellement illimitée. La majeure partie des artistes sont battus sur tous les plans par l'art des IA : en qualité, en quantité, en variété, en intensité... seule une petite partie des artistes actuels restent capables de produire plus de beauté et de sens que dans une image d'IA.

On comprend donc que l'artiste lambda se sente écœuré et vindicatif, un peu comme un laboureur médiéval serait dégoûté - ou enchanté ? - de voir une moissonneuse-batteuse faire en 10 minutes ce qui aurait pris des semaines de labeur à tout son village.

Et le pire peut-être, c'est que les IA font ce qu'elles font... sans intention, sans volonté, sans talent, sans bonne étoile, sans don de Dieu : elles ne font que mettre en correspondance des chiffres et des chiffres, ne comprennent rien de rien à ce qu'elles font, ne ressentent aucune émotion, n'ont aucune idée... en plus donc de ridiculiser les médiocres pouvoirs créateurs de la plupart des humains, les logiciels de génération d'images contredisent les fondements même de la définition humaine de la culture et font s'effondrer ses mythes les plus tenaces.

Juridiquement, l'art des IA fait voler en éclats les bases même du droit d'auteur, dès lors qu'il est devenu possible de créer par automatisation logicielle plus d'œuvres que l'humanité n'en a jamais produit. Il suffirait par exemple de lancer un programme qui génère des prompts et les envoie à une IA qui génère des images : on pourrait en théorie produire 666 trilliards d'œuvres par nanoseconde, ce n'est qu'une question de puissance de calcul. L'humanité subit ainsi une énième humiliation narcissique, ramenée une fois de plus à son insignifiance.

Economiquement, on sent venir les ravages : les professions artistiques vont probablement connaître des bouleversements majeurs car la concurrence des IA change radicalement les conditions de production et surtout les coûts sur toute la chaîne graphique.

Bref, sur tous les fronts l'art des IA va mettre les sociétés en ébullition et révolutionner la culture. Les larmes des artistes tristes n'y changeront rien ; l'humanité entre une fois de plus dans une nouvelle ère.

7 réflexions sur “Pourquoi les plaintes contre les IA pour violation du droit d'auteur vont échouer lamentablement”

  1. Super intéressant ton article et point de vue. Merci à toi
    Et surtout complètement d'accord avec toi , il faut évoluer , eh oui génère des trucs incroyable et super beau. Merci l'ia de nous faire évoluer.

  2. L'imbécile ici, c'est vous.
    Visiblement vous ne comprenez rien à la nature de ces algorithmes, ni aux lois relatives à la propriété intellectuelle. Il s'agit d'une forme de plagiat qui est constituée par le fait qu'il ne s'agit pas de parodie d'oeuvre d'auteurs, mais de produits visuels à usage commercial, dont plusieurs pourraient se faire passer pour des originaux. Lorsqu'un faussaire vend par une galerie un faux Picasso, il ne copie pas forcément un original ; il produit un faux. Mais le marché ici n'est pas constitué par les utilisateurs de Midjourney, qui de toutes façons ne verront aucun succès commercial s'ils s'y essayaient, car le produit est reconnaissable à son kitsch intégral.
    Le problème ici ce n'est pas vous et vos petits cacas dans le style 'carte postale', c'est le pognon que font les boîtes de Silicon Valley avec ce que vous y dépensez pour flatter votre vanité comme un chanteur qui fausse s'y croit avec AutoTune. Ces boites font du profit sans avoir le moindrement compensé les auteurs dont les oeuvres ont été analysées.
    Dans le domaine de la robotique, avec la suppression des emplois causés par l'automatisation, la seule solution viable à long terme sera d'imposer une "taxe IA" sur le secteur de la robotique (c'est la proposition, notamment, de Bill Gates) afin de financer la manque à gagner et la précarité induite des travailleurs non-qualifiés, via un Revenu Universel de Base. En matière d'arts visuels, le même problème est en train d'émerger — du moins à court et moyen terme.
    La valeur de l'art est conditionnée par sa rareté ; ici on a des images au mètre, comme ces oeuvres industrielles qui décorent les chambres de hôtels du monde entier. C'est exactement la définition du kitsch, ce travail de répétition sans âme ni intention, tout bonnement joli. Et encore, quand on a aucune culture visuelle.
    Vous n'êtes pas un artiste — vous êtes un configurateur de prompt. Dites-moi : si vous pouvez piloter une webcam installée au Louvre, et la pointer sur une toile d'Ingres, et ensuite afficher ce flux en live sur votre page Web, faites vous du Ingres ? Andy Warhol a bien ironisé là-dessus, dans la foulée des Objets Trouvés de Marcel Duchamp : faire de l'art à partir de collage, et dire "c'est de l'art" ; il savaient que tout dépend du buzz créé par des galeristes influents.
    Idem pour les NFT. Des objets sans valeur qui deviennent des commodités transactionnelles. Mais manque de peau pour vous, rien de ce que vous produirez, n'aura jamais aucune valeur marchande ; ni une valeur d'estime durable, d'ailleurs. Bientôt, vos tutos à la con seront remplacés par GPT, qui écrira des prompts à la demande. C'est le principe même d'un algo transformer : l'introspection.
    Et sachez que tout le contenu sur lequel ces systèmes sont entraînés, existent dans le passé. OpenAI ne peut que reproduire des versions du passé, de manière stochastique ; le futur ne peut être produit par le passé car le futur n'est pas un simple travail d'extrapolation ou d'inférence. Il faut une recherche de sens, et c'est exactement ce que l'IA est incapable de faire — et ce ne sont pas mes collègues dans ce domaine qui vous diront le contraire.

    1. Bon je vais laisser de côté vos méchantes attaques personnelles proches de l'affabulation, déjà, puisque vos conjectures fausses ne se basent sur aucun fait réel. A nos lecteurs, je confirme que vous et moi on ne se connait pas du tout donc ce que vous pouvez dire sur moi et mes œuvres n'est que fariboles.

      Votre accusation d'ordre juridique, je suis convaincu qu'elle est inappropriée et infondée, vous parlez mal de ce que vous ne connaissez pas, tout simplement. Quand on dit "Picasso" à Midjourney, il ne fait pas du vrai Picasso, ne copie aucune oeuvre en particulier, ne génère qu'à partir de ses propres modèles dont la propriété intellectuelle appartient aux auteurs de l'IA, et enfin et surtout, il ne prétend en rien signer une oeuvre. Il y aurait peut-être un délit à essayer de reproduire une image générée par Midjourney en peinture, mais ça passerait forcément par un travail de peintre faussaire. Votre exemple est vraiment mal trouvé puisque Midjourney ne sait pas appliquer de la peinture sur une toile donc comment produirait-il des faux en générant des pixels ??? Picasso n'a signé aucune oeuvre en pixels donc vraiment, l'exemple est pas loin du délire.

      Sur la robotique, l'IA et le revenu universel, oui, vous reflétez ici une évolution qui est dans l'air, et qui perso ne me dérangerait pas : l'humanité a toujours rêvé de se décharger du fardeau du travail. Si on peut automatiser tout ce qui nous ennuie, alors la vie devient entièrement positive. (Cela implique qu'on règle le problème de l'énergie et des matières premières, et ça c'est probablement une limite très très forte...)

      Sur l'idée que les artistes génératifs ne sont pas des artistes : bah, cet argument me semble vraiment faible. On peut facilement montrer une grande différence entre des prompts écrits par des nigauds et des prompts écrits par des gens qui ont déjà une longue carrière d'artistes derrière eux. Les meilleures images que j'aie vu étaient toutes faites par des gens à la forte culture artistique. Il ne suffit pas de taper 3 mots.
      De plus, moi je prédis une explosion de créativité, et une diversification des styles. On va voir plein de choses qu'on n'avait jamais vues avant.
      Pour parler des artistes génératifs j'ai forgé l'expression "pilote d'IA" : comme un pilote d'avion ou de voiture de course, l'artiste génératif est aux commandes d'une machine très puissante. Pour l'instant l'IA ne fait rien sans qu'on le lui demande gentiment. Même si elle le faisait ça n'aurait guère de sens : les seuls amateurs d'art sur cette planète sont des primates, pas des ordis qui s'en foutent complètement et n'ont aucun sens de la beauté.

      Sur l'idée que l'IA ne sait produire que des trucs passés : non, c faux. ChatGPT ou Jarvis, en rédaction, tout comme Midjourney, Dall-E et Stable diffusion en arts visuels, produisent des tas de trucs qu'on n'a jamais vus avant, et tout est original.
      Evidemment, chatGPT ne produit pas de nouvelles connaissances vu que c'est juste un algo de prédiction du prochain mot. Faut pas lui demander autre chose que ça.

      Voilà voilà. Sur le fond je pense que ces réactions hostiles feront long feu. Toute nouvelle invention a engendré des craintes irrationnelles.

      1. Réponse pertinente à un commentaire qui n'en méritait pas tant. Le mec avait une grosse chiasse verbale à déposer quelque part, maintenant qu'il a fait sa petite affaire, je doute qu'il revienne, sans même parler de réfléchir logiquement à vos arguments. Franchement, ça me dépasse, n'importe qui ayant testé une IA générative ne serait-ce que 30 secondes est en mesure de discréditer l'argument du perroquet stochastique incapable de produire quoi que ce soit de neuf... Vous l'avez même démontré, preuve à l'appui, dans cet article...

    2. lol quel non compréhension du marché, on parle ici d'art en terme d'artisanat. je vous défis de reconnaitre des oeuvres humaines d'une oeuvre midjouney. il y a déjà des produits en vente via média IA que se soit chatgpt ou midjourney ou autre. dons votre début de réponse vous parlez de falsification entre faire "comme picasso" ou un "faux picasso" la justice sait parfaitement faire la différence. l'IA à donc parfaitement le droit d'utiliser des algos reprenant des styles. le plagiat est absolument impossible dû à la seed des créations numériques. vous essayez ensuite de faire passer un argument qui n'est que votre jugement moral personnel sur les gens utilisant autotune ect.... en disant que c'est de la merde mais tout en disant qu'ils généreront du profit.... la dissonance cognitive est grande.

  3. Suggestion aux artistes éplorés: si vraiment vous craignez pour votre futur, ça vous dirait pas de bouger vos fesses et mettre à profit votre créativité pour trouver des solutions? Ca vous est pas venu à l'esprit que, peut-être, en intégrant l'IA dans votre travail, vous pourriez mettre votre sensibilité, votre expérience et votre culture visuelle à profit pour faire encore mieux que les technophiles sans prétentions artistiques? Je sais pas, j'ai toujours cru que c'était le genre de mentalité qui s'apprenait en école d'art, mais peut-être que je me trompe, et qu'en réalité, on y apprend juste à faire de zolis dessins et à bien colorier sans dépasser (auquel cas, toutes mes condoléances, vous êtes effectivement has-been)... Fin de la parenthèse "facepalm". Bravo à vous, l'auteur, pour avoir eu le cran d'écrire cet article! Je pense que je vais m'y référer la prochaine fois que je serais face à un monsieur ou une madame "ouin ouin les pauvres zartistes sans défense" 🙂

  4. Très intéressant mais un point de vue est totalement faux lorsque vous évoquez que vous avez travaillé avec des images sur internet… et ce n’est pas parce qu’elles sont sur l’internet qu’elles peuvent être exploitées commercialement

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